L'énergie créative

Apaisement

Par Patricia Poulin

 

Un été qui s’étire, un tapis d’herbe fraîche, une balançoire de bois gris souris et une petite fille dans cette balançoire. Murmures d’une mélodie d’antan apprise elle ne sait comment; on ne chante pas dans sa maison. Plus tard, beaucoup plus tard, elle fredonnera cet air, encore et encore, aux minuscules oreilles de ses bébés.

partons la mer est belle / embarquons-nous pêcheurs /

guidons notre nacelle / ramons avec ardeur /

aux mâts hissons les voiles / le ciel est pur et beau /

je vois briller l’étoile / qui guide les matelots

Et un jour lointain, la mer bercera la vie de l’enfant devenue femme, dénouera les liens d’avec sa terre d’origine. Elle ignore tout des choix qui la guideront vers l’or bleu et les horizons faufilés d’éternité, vers cette presqu’île québécoise et ce paisible village où temps et mélodie des vagues enjolivent le quotidien. Il est dit là-bas qu’à côtoyer la mer, le cœur s’ouvre et le regard s’élargit; une sorte de consolation s’emparera de son âme et, tel un ancrage, l’azur enluminera ses prunelles. Elle en sera séduite…tout simplement.

Près de sa fenêtre aux volets-douceur, des pivoines, rose, encercleront sa vie : un lieu-tendresse où les anges viendront se poser. Nuits et leurs fantômes apprivoisés, apaisement de l’âme. Un canevas à broder au fil des jours pour désapprendre ce qui fût et assembler, enfin, des perles de quiétude. Au livre des heures, des pages inédites s’écriront et transformeront le prisme de sa vie; le monde sera cueilli différemment : un coquillage dont on prend soin.

s’inscrire au présent   au plus près de soi

s’écrire dans une minute si complète

que l’univers éclate de lumière

Gaspésie  mon amour