Se faire connaître grâce au numérique : visibilité, découvrabilité et métadonnées

Comme défini dans notre dernier article, le numérique a beaucoup à offrir à la culture. Les nouvelles technologies offrent au milieu culturel une meilleure reconnaissance et de nouvelles façons de créer et de collaborer. Premier d’une série de trois, cet article vulgarise les grandes lignes des impacts du numérique sur le milieu culturel et porte sur la thématique suivante : se faire connaître grâce au numérique.

Comme dans tout changement, franchir la barrière des mots aide à apprivoiser la « bibitte ».
Clarifions donc d’emblée certains termes.

 

Présence en ligne/identité numérique

Votre présence en ligne (identité numérique) comprend tous vos comptes sur les médias sociaux, vos sites web et toutes les interactions que vous avez sur internet. Elle inclut aussi ce que les « autres » disent de vous (ou de votre entreprise) sur la toile. C’est donc dire que les données qui composent votre identité numérique sont multiples.

 

Découvrabilité

La découvrabilité désigne le potentiel d’un contenu culturel en ligne à capter l’attention d’un auditoire. Votre présence en ligne doit donc contenir les mots pertinents qui serviront au référencement et guideront les internautes vers votre contenu. Ainsi, même un usager qui ne vous connaît pas réussira à vous trouver par l’entremise des moteurs de recherche. Par exemple, les mots « Organisme culturel GÎM » devraient mener vers une liste de résultats incluant Culture Gaspésie et Arrimage.

 

Algorithme

Le dictionnaire Larousse définit l’algorithme ainsi : ensemble de règles opératoires dont l’application permet de résoudre un problème énoncé au moyen d’un nombre fini d’opérations [1].

Plus simplement, les algorithmes travaillent de manière invisible derrière nos écrans et analysent nos comportements pour façonner ce que nous voyons en ligne.

Par exemple, l’algorithme de Facebook détermine ce qui apparaît dans votre fil d’actualité. Les changements apportés à cet algorithme auront donc une incidence sur l’information que vous consulterez [2].

 

Métadonnées

Les métadonnées existent depuis fort longtemps, ce sont des informations qui renseignent sur la nature de certaines autres données dans le but d’en faciliter la compréhension et la gestion. Le nom d’un fichier, sa taille, sa date de création ou de modification sont des exemples de métadonnées [3]. À l’ère du numérique, les données sont codées pour être lisibles par des robots qui parcourent internet à la recherche de réponses aux questions posées dans les différents moteurs de recherche. Elles décrivent ce qui apparaît sur une page dans un langage que ces robots peuvent comprendre. Les métadonnées sont en quelque sorte les éléments qui permettent aux moteurs de recherche de vous trouver.

 

Marketing numérique

Nul besoin d’être un génie informatique pour en faire : vous en faites probablement déjà ! Le marketing numérique constitue l’ensemble des actions que vous posez sur le web (sur vos téléphones, iPad et autres) dans le but de joindre et d’attirer votre public. Vous faites du marketing numérique selon différents paramètres : vos compétences, le temps dont vous disposez et les sommes allouées à cet aspect de votre carrière.

 

Ce que représente la manne numérique pour le milieu culturel

Le marketing numérique permet aujourd’hui de se faire connaître et reconnaître à faible coût. Les Facebook, Instagram, YouTube, Viméo, etc. de la toile permettent aux acteurs du milieu culturel de promouvoir leur travail sans se soucier des limites géographiques. Notre communauté évolue avec lui et le partage de nos créations est de plus en plus facile ! Blogues, vidéos, balados, pages d’artistes sur les médias sociaux, interactions par les applications de messagerie et sites web nous rapprochent quotidiennement de nos publics qui en redemandent. Selon une enquête du CEFRIO, près de huit adultes québécois sur dix (78 %) ont regardé du contenu vidéo sur internet en 2017 [4]. Pour faire rayonner votre art, votre présence en ligne est primordiale.

Nous pouvons aujourd’hui sélectionner notre auditoire idéal sans quitter nos milieux de vie ; que l’intéressé soit un spectateur de La Petite Grève, à Carleton-sur-Mer, ou un passionné de marionnettes au fin fond des steppes sibériennes.

 

Le numérique : un couteau à double tranchant

Chaque bonne chose vient aussi avec son lot de défis. Dans le contexte actuel de transformation numérique de la culture, il est de plus en plus difficile d’accéder au contenu produit localement, et ce, malgré une apparente démocratisation des moyens de diffusion. Ce n’est pas parce qu’un événement Facebook est créé ou qu’un site web est mis en ligne que les gens vont soudainement faire la queue.

Les moteurs de recherche doivent composer avec une quantité astronomique de sites web, de pages de réseaux sociaux et de gazouillis de toutes sortes. Les robots de ces moteurs de recherche classent les réponses à vos requêtes pour déterminer celle qui sera en haut de la liste. Les résultats ne sont malheureusement pas tous égaux, tant dans la qualité du contenu que dans leur nature. Certaines compagnies déboursent des sommes importantes pour s’assurer que leurs chaussures, concerts ou repas livrés se retrouvent en haut de la page de résultats. Ainsi, la recette de pain aux bananes de Ricardo se trouve dans les premiers résultats de votre recherche, pas nécessairement parce que c’est la meilleure, mais parce qu’elle est référencée par des métadonnées bien construites et probablement grâce à un budget marketing investi par le sympathique cuisinier.

 

Opportunité ou limitation : à nous de choisir

Les opportunités liées au numérique abondent. Le public est toujours aussi friand de culture, il la consomme simplement différemment. Nous ne sommes plus limités par notre situation géographique. Nous pouvons mieux contrôler notre image et le message que nous voulons véhiculer sans devoir passer par des intermédiaires.

Il faut toutefois tenir compte des enjeux liés à l’ouverture accrue que cette communication de masse apporte au milieu. L’offre culturelle en ligne grandit au même rythme qu’elle se démocratise. Les habitudes de consommation de la culture changent et les moyens d’atteindre nos publics aussi. Il est aujourd’hui nécessaire d’être non seulement visible, mais surtout « découvrable » pour assurer l’accessibilité et la présence de notre culture locale.

Le milieu culturel travaille déjà sur des ressources communes comme Métamusique (https://metamusique.ca/) et Footlight (https://www.culturecreates.com/fr/), deux solutions qui améliorent la découvrabilité de la musique et des événements culturels au Québec. Se faire connaître grâce au numérique constitue une opportunité que la force de notre communauté peut nous aider à exploiter.

 

Pour ceux qui veulent pousser la réflexion plus loin…

Sur les aspects positifs du numérique en culture : https://www.contrepoints.org/2016/07/21/260939-revolution-numerique-ne-menace-culture

Un lexique numérique bien pratique : http://mediafiches.ac-creteil.fr/?page=glossaire

Pour mieux comprendre le rôle que les données numériques jouent dans notre vie : http://www.chairefernanddumont.ucs.inrs.ca/bd-1-economie-des-donnees/

Projet décode les algorithmes : Project-decode-algorithmes-guide-educationnel

Comment les adultes québécois ont-ils utilisé les technologies liées au numérique en 2017 ? https://cefrio.qc.ca/fr/realisations-et-publications/netendances-2017/

Pratiques culturelles numériques et plateformes participatives : opportunités, défis et enjeux –  casemajor-2019-pratiquesculturellesnumeriques

 


[1] Dictionnaire Larousse

[2] Projet éducatif de Kids Code Jeunesse : https://algorithmliteracy.org/fr/

[3] Office québécois de la langue française (OQLF) : http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8869869

[4] CEFRIO, Comment les adultes québécois ont-ils utilisé les technologies liées au numérique en 2017 ? https://cefrio.qc.ca/fr/realisations-et-publications/netendances-2017/