
Nous habiterons leurs ruines – Sarah Thibault


Exposition | Du 4 avril au 3 mai 2025 → Vernissage le 4 avril, à partir de 17h L’exposition Nous habiterons leurs ruines consiste en une installation prenant d’un côté la forme d’une grande sculpture monolithique et de l’autre celle d’une pièce autonome à l’intérieur de celle-ci. Recouverte d’un large tissu blanc, l’extérieur de l’œuvre rappelle le drapé d’une statue de marbre ou encore le corps d’une colonne classique. L’intérieur se trouve quant à lui en contraste avec cette grande masse claire. Complètement habillé de rideaux verdoyants, cet espace habité de matériaux près du vivant dégage chaleur et intimité. Les motifs floraux sur les rideaux ont été créés numériquement en utilisant des images du jardin de l’artiste. Les éléments décoratifs et les sculptures disposés dans l’alcôve ont été fabriqués à partir de feuilles de chou séchées et de biscuits. Ils s’inspirent de diverses façons de formes et d’ornements architecturaux telles la feuille d’acanthe et la feuille de chou. Le projet peut être expérimenté à travers ces deux espaces et par la transition entre ceux-ci. Le changement drastique d’ambiance au sein du même dispositif installatif crée une tension visuelle et physique à même l’œuvre. Les deux pans distincts de l’installation sont abordés comme des représentations de l’hypervisibilité de l’objet typiquement lié à la «masculinité» (monument, architecture et sculpture classiques) et de l’invisibilité de celui associé à la «féminité» (maison, jardin, décor intérieur, matériaux de l’espace domestique). Ce projet explore la transformation d’un monument, témoin d’idéaux bourgeois et patriarcaux, en espace de réparation féministe brouillant les frontières et les échelles de valeurs entre intérieur/extérieur, travail domestique/artistique ou encore intimité/spectacle.